La solitude – Réseau M

20 décembre 2010 - Extrait de l’article Entrepreneur dans l’âme

« Quand tu te lances en affaires, tu le fais souvent seul. À moins d’acheter une entreprise. Et, encore là, la solitude est présente, même si elle se vit autrement », explique Pierre-Paul Gingras, un mentor de la cellule de mentorat de la Chambre de commerce Haute-Yamaska et région qui, dans une autre vie, fut responsable de la stratégie de ressources humaines chez Domtar. Entre 1984 et 1993, il fut responsable de la transition de 1 000 employés d’une vieille usine vers une nouvelle. Il a embauché plus de 200 personnes, géré un projet de 1,2 milliard de dollars et un budget de ressources humaines de 14 millions sur cinq ans. Puis il est devenu consultant
auprès de grandes entreprises et de PME. Depuis 2002, il est mentor pour le Réseau M de la Fondation de l’entrepreneurship.

Pierre-Paul Gingras a eu une quinzaine de mentorés depuis 2003. Il constate que le passage du statut de travailleur autonome à celui de chef d’entreprise ne se fait pas facilement. « Un travailleur autonome excelle dans certains domaines, dit-il. Mais pas dans tout. Il finit par être débordé. Inévitablement, il doit déléguer ou embaucher. Tenez, j’ai actuellement un mentoré qui a fini par recruter six personnes, pas toutes à plein temps cependant, précisément parce qu’il était débordé. »

On y revient : ce ne sont pas tous les travailleurs autonomes qui deviennent entrepreneurs : « Derrière la volonté de faire croître l’entreprise, il y a une mentalité. Ce ne sont pas tous les travailleurs autonomes qui se disent, un matin : « Je vais faire grandir mon entreprise ». Il faut être entrepreneur dans l’âme », poursuit-il.

Certains ont ce talent, d’autres pas, insiste Pierre-Paul Gingras. Mais c’est une aptitude qui s’apprend. Ou qui se découvre. « Certains ignorent qu’ils ont cette aptitude. D’autres doivent
apprendre à se convaincre qu’ils ont la compétence pour réussir en affaires », dit-il.

Pour utiliser un cliché, le mentor permet à son mentoré d’apprendre à se nourrir en lui offrant une canne à pêche, au lieu de lui fournir bêtement du poisson.

Source :
Le Mentor, le magazine du Réseau M
Le Réseau de mentorat pour entrepreneurs de la Fondation de l’entrepreneurship
volume 3, numéro 4
Quatrième trimestre 2010

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